VIBZ-Mag.com| Magazine en ligne, actualité locale, artistes et models

Accueil du site > Artists > SKED SKWAD

SKED SKWAD

VIBZ : Pouvez-vous présenter le groupe SKED SKWAD aux lecteurs de Vibz-Mag ?

SKED SKWAD, c’est Tidam’ et EDS, un groupe de Hip Hop Créole qui a démarré à Ducos en Martinique en 98. Aujourd’hui, on s’apprête à sortir notre premier album officiel « Chimen Chien ».

EDS : On a 2 styles et 2 voix opposés mais complémentaires. Tidam’ est par exemple beaucoup plus attiré par le chant que moi. Ça permet une vraie diversité dans les sons car chacun apporte sa touche et ses influences. On se retrouve surtout dans le discours et les sonorités caribéennes de notre musique, qui font l’identité du groupe.

VIBZ : Qu’est-ce qui vous a poussé à chanter ? Depuis quand vous êtes-vous lancé dans cette voie (voix…lol) ?

Tidam’ : C’est l’époque des Iam, Ntm, Oxmo Puccino, Busta Rhymes, Redman et Method Man, Redzone, les NegKipakaFèlafèt…J’ai connu le Rap via tous ces frères là et quand j’ai voulu faire de la musique, c’est naturellement que je me suis tourné vers l’écriture. Aujourd’hui, j’aime bien faire référence à la musique caribéenne en général : Rap créole, Dancehall, Reggae, Ragga, Gwoka, Bèlè, Compas….etc !! Je me sens proche de tous ces styles musicaux car j’ai grandi avec et j’ai construit ma musique avec eux. Même si au final c’est le Hip Hop créole qui me le donne le plus !!

EDS : Le goût des open mics, les sessions où les MC’s partagent le micro dans un esprit de performance pure. Au lycée Schoelcher, où j’étais, il y avait quelques rappeurs en herbe aussi ; c’était assez marginal par rapport à ce qui était à la mode musicalement. Peu de gens le savent, mais en Martinique il y a les meilleurs rappeurs créoles, donc la motivation est constante.

Au-delà du rap, nos influences viennent de tous les grands Maîtres de Cérémonie : les Lesly, Neg Lyrical, Boogie, Trafyk, Straïka, Janik, Dédé Saint-Prix, jusqu’en France et aux Etats-Unis.

VIBZ : Votre musique a beaucoup évolué, depuis les premières créations à aujourd’hui. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Je pense qu’à bientôt 28 ans, on est moins embarrassés par rapport à l’image qu’on renvoie et à ce qu’attend le public, que quand on avait 18 ou 20 ans. On est passés par des phases différentes, on a pratiqué la scène, collaboré avec différents compositeurs et artistes…et on s’est enrichis de toutes ces expériences. L’idée aujourd’hui est de proposer un hip hop créole fort et décomplexé vis-à-vis des autres styles musicaux.

VIBZ : Pouvez-vous nous exposer brièvement le parcours musical et la discographie du groupe ?

Nous avons sorti un premier street album « Bò kay » en 2002, Asou Koté ; une compilation, Bef Douvan Bwè Dlo Klè, en 2004 avec plusieurs invités ; une « petite » mixtape, An Ti Zizine Mixtape, en 2006 ! En 2008, nous étions sur la compilation Vibes Créoles et EDS a sorti sa mixtape solo "MeT Sérémoni". Et 2009, c’est l’année de l’album, "Chimen Chien" !

Le premier clip "M’appelle pas Black" extrait de l’album est disponible sur internet (http://www.youtube.com/watch ?v=FpOA_bczPMI) ou sur leur blog (http://www.myspace.com/skedskwad ).

VIBZ : Vous proposez des chansons à textes, très personnelles. Cela peut être jugé comme une barrière et repousser certains auditeurs. Quels sont ceux qui vous écoutent aujourd’hui ?

C’est sûr que les chansons à texte sont plus difficiles d’accès, déjà parce que ça demande qu’on y prête un minimum d’attention. Après, l’objectif sur scène est de pouvoir amener même les plus réticents à suivre ce qui est dit. Certains se focalisent sur la musique, les flows, d’autres sur les paroles, d’autres encore entendent le son dans sa globalité. On essaye avant tout de proposer une musique de qualité. La majorité des gens qui nous écoutent sont ceux qui ont envie d’entendre quelque chose de différent, d’original ou qui met simplement en valeur notre culture martiniquaise.

VIBZ : Le morceau qui vous a réellement apporté du soutien a été le fameux "Ladies Night", composition plutôt rythmée et empreinte d’humour, facile à écouter. Quelles ouvertures vous a apporté cette composition ?

EDS : "Ladies Night", disons que rythmiquement ça correspond plus à ce que les gens ont l’habitude d’entendre. Mais en fait c’est un morceau sérieux ! On ne l’a pas fait en se disant, c’est pour faire rire ou bouger les gens. L’idée est venue à une soirée au Chalet (à l’époque…), le refrain c’est texto ce que je me suis dit pendant cette soirée ! Au point que je ne vais plus trop en boîte… Je pense que ça a surpris les gens qui nous connaissaient avec des morceaux plus « sérieux » comme Nègre Clair ou Fanatiques. L’objectif c’est aussi d’amener les gens à écouter autre chose. De "Ladies Night" à "M’appelle pas Black", on pourrait croire qu’il y a un fossé. Mais l’important n’est pas tant la thématique que la façon d’aborder le sujet, tout en essayant de conserver la dimension musicale du morceau.

VIBZ : Sur quelles scènes avez-vous eu l’opportunité de vous produire ?

Nous avons fait différents concerts sur Paris, à l’AbracadaBar, au Palais Bar, à l’Eclipse, à Nîmes au Festival « Toujours Darfour » l’année dernière. Nous avons présenté notre album en live le 29 mars au Café Montmartre (Paris 18e) et assuré la 1e partie d’Eklectik’s Crew à Bastille le 04 juillet. En ce moment, nous sommes en Martinique pour les mois de juillet et août, où nous essaierons de nous faire connaître davantage sur les scènes martiniquaises.

EDS : De mon côté j’ai aussi fait pas mal de scènes sur Paris avec différents artistes comme Alphaaz, Sista Jahan qu’on retrouve sur l’album.

VIBZ : Quels sont vos projets, vos objectifs actuellement ?

Le projet c’est d’emmener aussi loin que possible notre album et notre musique. Essayer de convertir ceux qui croient ne pas aimer le rap !! On a mis beaucoup de temps et de nous-mêmes dans cet album. L’idée c’est de faire ce qui nous ressemble de façon sincère, le proposer au public, et le défendre autant que possible. Le rap permet de parler de ce qu’on veut, structurer son morceau comme on veut, sampler ce qu’on veut. Bien sûr, il a aussi ses codes et si on s’arrête à ce qui est à la mode, on ne se rend pas compte de la richesse de cette musique. Et pour moi il n’y a pas plus « local » que le rap créole, parce qu’on sample créole, on chante en « vrai créole », sans mettre des mots anglais à la fin de chaque phrase, et loin du zouk en français. Sur notre album, les ¾ de nos morceaux sont en créole. Défendre le rap créole en France aussi, c’est l’objectif, en dépit des a priori et de la barrière de la langue.

Tidam’ : « Chimen chien » c’est l’aboutissement de 4 ans de travail, de réflexion, de collaborations. C’est un peu le résumé du parcours effectué jusque là…

VIBZ : Un message spécial destiné aux lecteurs du Vibz-Mag ?

Déjà un gros merci à toi et à Vibz-Mag !! Et pour les lecteurs, merci d’avoir prêté attention, en espérant vous voir à nos côtés durant ces vacances, ou à partir de la rentrée pour ceux qui sont en France !...

- CONTACT : www.myspace.com/skedskwad - Facebook : Sked Skwad
- PHOTOS : Lionel CHAMOISEAU (chami_972@hotmail.com)
- INTERVIEW : Emmanuelle Philipbert

10 Juin 2009

Répondre à cet article




Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contact | Réalisation : PaysageWeb - Conception graphique : Synergix