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VERSI | LIGHT PAINTING

Le light painting, aussi appelé light drawing, light graffiti ou light graph est une technique photographique qui consiste à jouer avec une source de lumière dans un environnement sombre pour dessiner des trainées lumineuses. Cela est possible en réglant l’appareil photo sur une longue exposition, permettant au capteur d’enregistrer les mouvements de la source de lumière.
Bien qu’étant un mode d’expression connaissant un regain d’intérêt de nos jours, le light painting n’est pas un phénomène récent. En 1924, il avait déjà été expérimenté par le photographe albanais Gjon Mili avec la complicité de Pablo Picasso.
Rencontre avec Versi (l’un des adeptes de ce mouvement qui joue des lumières et crée en milieu urbain... le graffiti de l’instant capturé par l’objectif de l’appareil photo...

VIBZ : Te considères-tu comme un artiste ?

Je me considère comme un passionné d’art, de création qui fait de la bd, de l’illustration, du graff, de la photographie, du light painting, de la peinture. À mes yeux, un artiste est quelqu’un qui crée, qui invente, qui retranscrit ses idées, ses pensées à travers un mode artistique, un objet, un texte, un film, une image. Qu’il s’agisse d’un art légitime ou non. Plus que la reconnaissance du milieu artistique ou du public, le fait de vivre pour la création, pour l’expression artistique fait d’une personne un artiste à part entière. Un artiste ne peut pas vivre sans pratiquer son art.

Comment as-tu connu le light graff ?

Je discutais un jour de photographie avec un ami qui m’a expliqué qu’on pouvait prendre en photo des traits lumineux. Cela m’a tout de suite intrigué et j’ai voulu voir comment ça fonctionnait. Comme je n’avais pas de grande connaissance de la photographie, il m’a donné des informations sur le fonctionnement des longues expositions. Puis on a fait quelques tests avec une lampe de poche. J’ai vraiment pris du plaisir à pratiquer cette forme d’expression artistique. Plus qu’un simple dessin, il s’agit d’une performance. Un art vivant mais éphémère qui existe uniquement grâce à la photographie. Pouvoir dessiner dans l’espace, travailler dans un milieu obscur où complètement noir et mettre en valeur les éléments grâce à la lumière et pouvoir utiliser le décor m’a donné envie de m’investir dans cet art. Le côté éphémère, le stress dû à la durée limitée de la pause et la gestuelle m’ont fait penser au graffiti qui est la base de mon parcours artistique. J’ai tout de suite pris goût au lightgraff et aux sensations que cet art procure.

Le light graff provient de la lumière en mouvement, et pourtant on ne te voit jamais sur tes réalisations, il y a-t-il un travail de montage en post production ?

Non, il n’y a pas de travail de montage. Le fait de travailler dans un milieu obscur permet de prendre en photo seulement les éléments qui sont mit en lumières ou les traits lumineux. Comme la lumière est devant moi et dirigée contre l’appareil photo, je n’apparais pas sur les photos. De plus je suis en mouvement lors de la prise de vue, ce qui permet de ne pas être visible. Plus le milieu est sombre et moins il y a de chance d’être apparent sur la photo.

Aujourd’hui à quel niveau peut-on vivre du light graff ?

Vivre d’un art n’a jamais été facile. Le lightgraff ne fait pas exception à la règle. Seul le travail, le démarchage et la chance peuvent nous donner cette possibilité. Le light graff peut être utilisé dans plusieurs domaines, notamment dans la publicité, le cinéma, l’animation, la bd, l’illustration. Il y a d’ailleurs actuellement un regains d’intérêt pour cette technique et principalement pour les effets lumineux que peut produire le lightgraff. On peut d’ailleurs voir de plus en plus de clip, de publicités, d’affiches qui utilisent ces effets. Je pense même qu’il y a un effet de mode actuellement. La lumière est dans le vent.

Les techniques ont-elles beaucoup évoluée depuis Gjon Mili ?

Oui, les techniques ont beaucoup évolué. Le matériel est plus performant, plus développer et il est plus abordable aujourd’hui. À l’époque il s’agissait d’appareil photo argentique, fonctionnant avec des films. La réussite d’une prise de vue et le développement des clichés était plus difficile à réaliser. Ils n’avaient pas la possibilité de voir le résultat directement sur un écran comme avec un numérique. Le space writing était un art plus compliqué étant donné qu’il faut faire un grand nombre de photo pour obtenir le résultat voulu. Les sources lumineuses ont elles aussi connu de nombreuses innovations. Les effets lumineux que l’on peut réaliser sont donc plus nombreux. L’informatique a également permis de faire évoluer le light painting. Pour la retouche de photo, l’animation image par image, ou le photo montage.

Le fait que Picasso lui-même s’y soit intéressé en fait il un art légitime ?

Actuellement le lightgraff est sur le chemin de la reconnaissance. L’intérêt du public et du monde artistique pour cet art ne cesse d’augmenter. Le fait que des artistes comme Picasso ou encore Georges Mathieu s’y soit intéressé le rendent encore plus crédible. Cependant les possibilités que permet le lightgraff sont innombrables et n’ont pas encore été réellement exploitées. Nous ne sommes qu’au début de l’histoire du light painting.

Le lightgraff est-il aujourd’hui automatiquement associé à la culture hip hop ?

Le terme lightgraff est relativement jeune Par rapport à l’histoire du space writing. Il a utilisé en premier par des graffeurs qui ont mélangé l’art du light painting et celui du graffiti. Il a donc une appartenance avec la culture hip hop. La gestuelle est très ressemblante dans les deux domaines. Le côté éphémère rejoint lui aussi le graffiti et il est souvent pratiqué dans des milieux urbains. Cependant le light painting est bien plus vieux et n’a pas d’appartenance originelle avec la culture hip hop. Il est selon moi nécessaire de faire une distinction entre lightgraff et light painting. Le lightgraff, bien qu’il soit un art à part entier, est une forme de light painting. Tout comme le graffiti est une forme de peinture.

Est-il accessible à tous ?

Oui, plus ou moins. Celui qui désire pratiquer le light graff a besoin d’un appareil photo permettant de faire des longues pauses, d’un trépied et de sources lumineuses. Il suffit donc de posséder le matériel cité ci-dessus pour s’essayer au light painting. Cependant La maîtrise du dessin dans l’espace nécessite beaucoup de travail et de créativité.

Quel matériel utilise-tu ?

J’ai commencé avec un appareil photo numérique relativement simple qu’un ami m’avait prêté. Ce matériel m’a permis de réaliser des pauses de 30 secondes maximum, de faire l’apprentissage des bases du lightgraff et comprendre comment réaliser certains effets lumineux. Les possibilités étaient un peu restreintes par rapport à la durée de prises de vue, j’ai donc investi dans un reflex numérique qui est doté de la pause « bulb » me donnant l’opportunité de faire des pauses de temps infini. Cela m’a permis d’aller plus loin dans mon travail.

Où puise-tu ton inspiration ?

Dans le graffiti, la calligraphie, l’action painting, la musique, la peinture, la bd et dans l’environnement dans lequel je me trouve lorsque je peints

Fais-tu des croquis au préalable ?

Cela dépend du projet que je désire réaliser ainsi que de sa complexité, Mais généralement la créativité me vient au moment de la création. Je garde ainsi le plus de spontanéité possible. Pour mes travaux abstraits, je ne fais jamais de croquis, je me laisse imprégner par une musique, mes émotions et le sujet choisis. Le travail artistique réalisé en peinture, graffiti, calligraphie et en illustration m’aide à savoir quoi et comment dessiner. Il faut beaucoup travailler à côté pour maîtriser le dessin dans l’espace, puisqu’il n’y a pas de point de reperd. Il faut également mémoriser les traits effectués afin de réaliser une bonne composition.

Quels sont tes projets à venir ?

Je vais continuer à travailler le light painting afin de développer au maximum de mes possibilités cet art. Il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine. J’ai beaucoup d’idées, mais je dois faire des tests pour voir ce qui est réalisable ou non. Je vais proposer mes services pour des publicités ou d’autres projets professionnels en light painting. J’ai également comme but de réaliser une série d’installations dans lesquelles j’utilise le light graff ainsi que faire des performances en direct lors d’expositions. L’idéal serait pour moi de pouvoir vivre de projets artistiques en light graff, peinture et illustrations.

INTERVIEW : MAK, LOVELY
PHOTO : VERSI

1 JUIN 2008

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