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WARREN | LE RENOUVEAU

VIBZ : Warren, parle nous un peu de toi pour commencer…

Warren, Warren, Warren… Eh bien, je ne sais pas comment ça a pu m’arriver mais c’est déjà 11 ans de carrière professionnelle dans la musique !! Mon premier single date de 1997, avec le groupe Wonm, j’avais 17 ans à l’époque. Entre temps, j’ai franchi des étapes. Mon dernier album « Snake me » a marché très fort puisqu’il a poussé des frontières ! Aujourd’hui, je ressors grandi de ce parcours, je me sens plus « homme » que jeune débutant qui plaît aux jeunes demoiselles. J’ai trouvé ma place, j’ai passé un cap !

VIBZ : En préparant cette interview, on a été surpris par le manque, presque l’absence d’informations sur toi ! Partisan de la discrétion ?

Depuis septembre 2007, j’ai volontairement arrêté tout ce qui est communication et presse autour de mon actualité et de ce que je projette de faire, de façon à bien me concentrer sur mon projet. Le fait que j’accorde une interview maintenant est exceptionnel, mais en même temps, mon nouvel opus sort début juillet, donc ça tombe très bien ! Pour en revenir à la question, je me concentre pour l’instant et juste avant la sortie de l’album, mon myspace sera créé, avec mes trois titres inédits, la nouvelle pochette, les nouvelles photos, le nouveau concept et LE nouveau Warren !! (rires)

VIBZ : Ton premier opus est sorti en 2000, « Snake me » le deuxième date de 2005, on sait que le 3ème sort bientôt. Peux-tu nous en livrer quelques secrets ?

Ce sera un album de 18 titres inédits, avec des collaborations exceptionnelles, en tout 4 featurings, parmi lesquels Princess Lover et Marvin, je n’en dirais pas plus. Ça se passe super bien, c’est un nouveau pallier, un nouveau challenge pour moi qui suis quelqu’un qui aime les défis. Je n’ai pas peur de la compétition, je n’aime pas les choses faciles parce que si la vie l’était, elle serait bien triste et monotone. Je suis un vrai battant, du signe du taureau en plus (rires) !

VIBZ : Il paraît que tu as toujours le trac avant d’entrer sur scène. Comment le surmontes-tu ?

Ben, en fait je ne le surmonte pas ! Je me jette dans la fosse ! La première minute est toujours très décisive pour moi car c’est à ce moment-là que je prends mes marques tout doucement. Ça ne m’est jamais encore arrivé d’entrer sur scène sans angoisse, sans trac, mais ça fait partie de mon caractère. Je suis quelqu’un d’humble, malgré mes apparats, mon apparence, mes lunettes, mes tenues vestimentaires. Ça donne vraiment l’impression que j’ai de l’assurance mais en fait, pas du tout ! C’est une grosse parade en fait, qui me permet de me protéger, c’est comme un garde-fous finalement,

VIBZ :As-tu déjà eu affaire à des fanes hystériques ?

Oh oui !!! Sur le coup, c’est souvent surprenant !! Ça m’est arrivé une fois sur un plateau à Paris, à l’occasion d’un concert pour adolescents, donc on devine la tranche d’âge : 12-16 ans ! Là, on se dit, ils sont jeunes, ça va être cool, calme ! Tu parles ! Je me suis retrouvé sur scène avec des dizaines de jeunes filles en train de me toucher, me pincer les fesses ! Mais bon, ça fait partie du jeu, je le prends avec beaucoup de recul.

VIBZ : Quels sont les rêves artistiques que tu aimerais réaliser ? Y en a-t-il d’autres d’une toute autre nature ?

Je suis actuellement dans une phase particulière. J’ai réalisé une partie de mon rêve artistique, je sors bientôt mon troisième album ! En même temps, je songe à me lancer dans des projets un peu plus concrets sur le plan humain, c’est-à-dire, me poser, m’engager, même si l’engagement m’a toujours fait peur. La sagesse fait que je pense différemment et que je ressens une envie de paternité. Les choses se font d’elles-mêmes et petit à petit, j’entre dans une phase différente. J’aimerais m’acheter une maison, avoir un petit garçon, me marier. Mais, pour l’instant, mon actualité se résume à la sortie de mon troisième opus. Cependant, je pense que dans un an ou deux, je ferais un petit break pour m’occuper un peu de moi, de ma famille et revenir à des choses vraies parce que la musique, c’est bien beau et ça fait partie de moi, je suis un mordu, un passionné de musique, mais la vie de famille reste très importante à mes yeux.

VIBZ : A qui va ta première pensée quand tu te lèves le matin ?

Ma première pensée va à ma grand-mère que j’ai perdue, il y a un an. Sa disparition m’a brutalement rappelé qu’on n’est à l’abri de rien. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle parte aussi tôt, c’est arrivé comme ça, du jour au lendemain et il n’y a pas un jour qui passe sans que je ne pense à elle. C’est vraiment à ces moments-là qu’on se rend compte de l’importance qu’une personne peut avoir dans notre existence. On néglige beaucoup de choses dans la vie, comme le simple fait de dire, « je t’aime « aux personnes qui ont une place dans notre cœur. Je ne vais pas me plaindre, je suis un artiste complet, réalisé, reconnu par le public, mais je ne suis pas pour autant plus heureux que d’autres. Je suis humain, comme tout le monde et c’est souvent cet aspect-là que les gens ont tendance à oublier. Ils oublient souvent que derrière les paillettes, la scène, le succès, se cache un humain, qui vit, qui a ses problèmes et qui souffre comme tout le monde. Le fait d’avoir perdu ma grand-mère m’a fait tomber de très haut. C’est assez paradoxal, ça fait du mal, mais je me bats, je sais qu’elle est auprès de moi et qu’elle me donne la force d’aller plus loin.

VIBZ : Quel regard portes-tu sur ton « pays » ? Que penses-tu du public Guyanais ?

J’adore le public Guyanais, car c’est mon premier public ! Il m’a suivi, il m’a porté et aidé à continuer. Je le garde précieusement dans mon cœur, et je fais en sorte de rester assez proche de lui. Dès que je produis de nouveaux titres, je l’envoie d’abord et surtout aux radios Guyanaises. Je privilégie la Guyane car à une certaine époque, les artistes Guyanais étaient bannis des ondes. C’est aussi pour ça que je suis fier d’être arrivé là où je suis aujourd’hui et de laisser une chance à d’autres artistes Guyanais comme Fanny, Laureen, et tous les futurs gagnants des Podiums Inter Lycées. D’ailleurs, j’en profite pour saluer l’association AAL, une association de jeunes lycéens Guyanais à qui je donne un coup de main pour leurs projets et qui eux aussi m’aident à mener des projets « Guyanais » à terme. Je remercie évidemment tout mon public, mais je donne une mention spéciale au public Guyanais.

VIBZ : Tu as réussi dans un milieu difficile, tu as su t’épanouir dans la musique… Tu incarnes la « success story » à la guyanaise, un modèle pour les enfants du pays… En tant que tel, as-tu un message à transmettre à la jeunesse guyanaise ?

Je leur dirais tout simplement de ne pas désespérer ! Souvent, je croise des jeunes artistes locaux qui me disent combien il est dur pour eux de percer. Parfois, quand je suis en vacances au pays, j’écoute la radio et j’entends des productions locales géniales qui malheureusement ne franchissent pas certaines barrières, ni les frontières. Je leur dirais que tout vient à qui sait attendre et qu’il leur faut persévérer. À mon niveau et avec mes moyens, j’essaie de faire connaître la musique Guyanaise en espérant qu’un jour, elle ait la place qu’elle mérite.

VIBZ : Toujours à ce propos, tu as réalisé l’album de la jeune Fanny, la nouvelle perle du zouk Guyanais, qui a cartonné avec le titre « Ancrée à ton port ». Peux-tu nous parler un peu plus longuement de ta petite protégée et de votre collaboration ?

J’ai rencontré Fanny, il y a bientôt quatre ans à l’occasion du Podium Inter Lycées, organisé par l’AAL. Notre collaboration a commencé par une première chanson à l’issue de ce concours, puis un deuxième single. Ma démarche n’est pas de lancer les artistes puis de les lâcher en cours de route. C’est un milieu compliqué, et il faut les encadrer jusqu’au bout. On a donc d’abord fait un single, puis un deuxième, afin qu’elle puisse faire ses preuves, apprendre le métier. C’est trop facile de prendre des artistes sous son aile, de les mettre sous les projecteurs et de ne pas les suivre. Pour Fanny, il y a eu un suivi. Elle a été attentive à toutes nos critiques, à toutes nos remarques, à ce qu’on a pu lui conseiller pour durer dans ce métier. C’est pour moi une grande fierté ! On essaie de tout faire pour qu’elle garde les pieds sur terre, la tête sur les épaules, et qu’elle soit consciente de la chance qu’elle a aujourd’hui par rapport à d’autres artistes. Pour elle, il est vrai que ça a été un peu plus facile car elle a tout de suite été encadrée par une bonne équipe. Elle en est consciente et reste humble. Quelque part, je suis un peu un modèle pour elle. On se soutient mutuellement dans les moments un peu difficiles. Je suis heureux qu’elle fasse partie de mon équipe car on a une certaine complémentarité : j’ai produit et réalisé son album, elle a écrit certaines de mes chansons. Je suis fier de son parcours jusque-là, et j’espère qu’elle continuera ainsi jusqu’à me dépasser. L’élève fini souvent par dépasser le maître ! J’ai beaucoup d’espoir en Fanny.

VIBZ : Que fais-tu de ton temps libre ?

Je passe du temps en famille, avec ma sœur qui me prend la tête en me reprochant de ne pas l’appeler et de ne jamais être là. C’est la raison pour laquelle je privilégie ma famille dès que j’ai un peu de temps.

VIBZ : Selon tes dires, tu es un excellent cuistot, tu veux bien nous livrer quelques-unes de tes recettes ? Tu nous invite ?

Oui ! Alors, j’adore cuisiner le dombré de crevettes, le bouillon d’awaras qui demande beaucoup de temps et d’attention. Je vous invite quand vous voulez ! Ma porte vous est ouverte. Je n’ai pas beaucoup d’amis, mais quand je reçois mes vrais amis, ceux qui étaient là bien avant le succès, j’aime bien me mettre derrière les fourneaux et leur cuisiner quelque chose de bon.

VIBZ : Si tu devais imaginer ta vie dans 10 ans, comment te verrais-tu ? Marié, des enfants, du succès ?

Je me vois marié, deux enfants, un garçon et une fille, sinon des jumeaux. Je me vois aussi producteur, pour me retrouver cette fois-ci derrière les jeunes artistes, ne plus me retrouver moi-même sous les projecteurs, mais plutôt y propulser des jeunes Guyanais d’abord, d’autres ensuite ! Je vois bien ma petite vie de famille ainsi, partagée entre ma maison et mon studio. Si toutefois la musique ne voulait plus de moi, je reviendrais à mon métier d’origine, l’humanitaire. Il y a une chose que je rêve de faire depuis très longtemps, c’est de partir en Afrique avec la Croix-Rouge pendant un an en tant qu’infirmier. J’aimerais consacrer un an de ma vie à des œuvres humanitaires, ça me tient à cœur.

VIBZ : Quel est ton programme pour les mois à venir ?

Le programme des mois à venir sera centré sur la préparation et la sortie de mon album. Je commence également à préparer une tournée en live. J’y tiens, parce que le play-back me fatigue et j’aimerais que les organisateurs pensent à se recycler à ce niveau-là. Pour l’album à venir, je vais vraiment tout miser sur le live et même l’imposer aux organisateurs.

VIBZ :Un dernier mot ?

Un grand merci à Vibz Magazine ! J’espère que vous ferez longue route. Je salue tous ceux qui me soutiennent et qui m’aiment. Merci à mon public ! Je remercie aussi tous ceux qui ne m’aiment pas, car il en faut aussi pour s’auto corriger et leurs critiques négatives contribuent à me rendre meilleur.

- INTERVIEW : ANIA.M
- PHOTO : CYRIL MARCOU

28 JUIN 2008

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